Notre Dame de Bellevue

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Faisant face au village, de l'autre côté du ruisseau l'Auvestre, cette chapelle est implantée au bord d'un chemin se dirigeant vers Roumoules.
Elle fut construite à l'époque où des moines, dépendant de la célèbre abbaye de Lérins, vinrent s'installer à Puimoisson, suite à une importante donation de propriétés faite par une noble dame de Riez nommée Algarade.
Quelques vieux pans de murs de construction ancienne, des restes d'ossements humains, un puits dont l'orifice est comblé sont les plus vieux vestiges d'occupation de cet emplacement que l'on a retrouvé.
Un seul objet parait remonter à l'époque de construction, un petit bénitier encastré dans le mur sud, à l'endroit où de grosses pierres indiquent ancienne porte d'entrée.
La chapelle fut dévastée durant les guerres de religions.
En 1603, la date est gravée sur une pierre visible à l'extérieur, des réparations et agrandissements furent effectués. On carrela le sol, on perça une ouverture qui sert toujours aujourd'hui de porte d'entrée et on condamna la porte latérale. Un bénitier en marbre fut apporté de Fréjus et la cloison qui séparait le grand autel de la sacristie fut reculé. Les travaux furent achevés en 1626.

Suite à des vols répétés, dus à l'isolement de Notre Dame, des appartements furent construits. Ils comprenaient un rez de chaussée et un étage divisé en plusieurs chambres, le tout attenant à la chapelle dont le mur, derrière le maître autel, était mitoyen. Claude Touche, de Moustiers, accepta d'être le premier gardien. Il devait aussi servir les messes et sonner la cloche en temps d'orage.
Après la Révolution, lorsque l'église paroissiale fut remise en état et rendue au culte, des réparations furent aussi effectuées à Notre Dame de Bellevue. En effet, elle avait été extrêmement dégradée. Les trois autels de la Vierge, de Saint Elzéar et de Sainte Delphine avaient été démolis, les tuiles, les bois et les portes arrachés et volés.
L'édifice nationalisé et mis en vente sous le Directoire fut acquis en 1795 par Dominique Isoard qui s'en dessaisit en 1817 en faveur des habitants de Puimoisson, à charge pour eux de l'entretenir.
Vingt ans plus tard, de nouvelles réparations durent être faites. C'est à cet époque que fut construit l' autel actuel, en staff avec de grandes colonnes stuquées au milieu desquelles se trouve la niche abritant l'image de la Sainte Vierge avec l'enfant Jésus, identique à celle qui existait avant la Révolution. Tout autour de l’édifice, des plantations furent faites : des pins d'Aleps, des chênes verts, des acacias, afin de créer un bosquet tout autour de Notre Dame.
Derrière l'ermitage une avenue bordée de buis fut tracée aboutissant à un tertre sur le sommet duquel on décida de planter une grande Croix. Elle faisait 4 mètres de hauteur avec un Christ grandeur nature. Le 29 juin 1840, eut la bénédiction solennelle en présence des prêtres du voisinage, de la population et de 65 enfants admis à la première communion.
Quelques années plus tard , la croix très abîmée par les intempéries fut enlevée et mise à l'abri dans la chapelle. En 1869, elle fut emmenée solennellement en procession jusqu'à l'église de Puimoisson où elle se trouve toujours, contre le mur du fond, dominant le maître-autel.
Depuis le XIX° siècle, la date du 16 août est celle de la fête principale de Notre Dame de Bellevue. Après la messe a lieu un déjeuner réunissant tous les paroissiens du village.
Bien entretenue, elle est inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques.

Vue depuis Notre Dame de Bellevue
Vue depuis Notre Dame de Bellevue

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Saint Apollinaire

"Cette petite église, Charles, le grand empereur, en a fait don à Dieu et à Saint Apollinaire, son illustre confesseur, en toute dévotion d'esprit...
... en cette petite église en effet, le très glorieux Apollinaire venait demeurer toutes les fois qu'il voulait s'entretenir amicalement avec le très saint Maxime, évêque de Riez."

Extrait de la Charte de l'empereur Frédéric Barberousse en faveur de St Apollinaire de Puimoisson . 18 août 1178

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La tradition veut donc, qu'en ce lieu, le vallon de Ballène, à trois km à l'est de Puimoisson, où était construite une petite église, se rencontrèrent Saint Maxime, évêque de Riez et Saint Apollinaire, évêque de Valence, au V° siècle ap JC.
Elle fut acquise en 1233 par le Commandeur de Puimoisson, Guillaume Verre et elle demeura propriété de la Commanderie jusqu'à la Révolution.
Cette chapelle fortifiée, telle qu'elle existe encore, date probablement de cette époque. Elle se présente sous la forme d'un parallélogramme, orienté du levant au couchant. Les deux extrémités sont flanquées, chacunes, de deux gros contreforts carrés, s'élevant jusqu'au sommet de l'édifice, tandis que les quatre angles du bâtiment se fondent dans les quatre tours carrées, dans l'une desquelles existe toujours un escalier en colimaçon qui donne accès à une terrasse. Ces tours étaient crénelées et faisaient du monument une véritable forteresse. La ceinture de créneaux a disparu. Il n'y a qu'une seule porte. Elle est carrée et s'ouvre vers le midi. Elle est surmontée d'un arc en plein cintre formant tympan.

La chapelle possède une nef en berceau et comporte trois enfeus, tombes encastrées dans l'épaisseur du mur, généralement réservés aux nobles.
La nef est longue de 14 mètres, large de 3.70 mètres et haute de près de 16 mètres. Le côté gauche faisant face à la porte d'entrée est divisé en trois chapelles de dimensions inégales séparées chacune par un mur d'un mètre d'épaisseur.
Nombres de ses caractères trahissent les procédés des ordres militaires et hospitaliers : rigueur des plans à terminaisons rectangulaires, l'allure de forteresse à l'extérieur.
Elle fut endommagée en 1574 par les huguenots durant les guerres de religion. Vases sacrés, ornement, tableaux, meubles, tout avait disparu. Les ruines des autels abattus jonchaient le sol, Des brèches considérables faites aux murs extérieurs lui donnaient l'aspect d'une ruine. La chapelle ne se releva jamais de désastre.

Vue du vallon de Ste Appolinaire
Vue du vallon de Ste Appolinaire

Presque laissée à l'abandon durant les XVII° et XVIII° siècles, elle fut vendue à la Révolution et transformée en ferme.
Au cours du XIX° siècle, un four y fonctionna, donnant à certaines parties de la voûte, une teinte noirâtre.
Elle fut abandonnée longtemps avant d'être sauvée par la mobilisation et la ténacité de puimoissonnais aidés de personnalités comme Gilbert Tournier et Régine Pernoud.
Elle est maintenant classée aux monuments historiques.